29 juin 2011 -
Je vous attendais ! Un poison vous a fait perdre la mémoire, ma mission est de vous raconter votre histoire !
Errant dans le parc ensoleillé, vous repartiez lorsque j’attirai votre attention. Me suivant, vous avez pénétré dans la partie réservée aux livres qui mènent à l’autre monde. En vous apercevant, j’ai pris peur, car cet univers n’est accessible que la nuit ! Cet endroit merveilleux vous a ébloui par sa magie et ses forêts immenses, où les plantes parlent de sagesse. Venant à vous, j’ai dit :
« Voici l’univers imaginaire des enfants. Tous leurs rêves, les histoires que les nourrices leur racontent, leurs peurs, se retrouvent ici. Ce livre permet de s’y rendre, mais il y a d’autres voies : endormez-vous en pensant à vos envies irréalisables, et votre esprit ira en ce lieu.
– Nous sommes donc déjà venus ici ? Que faire de ce livre ?
– Comment cela ? Ne me dites pas que vous l’avez PRIS AVEC VOUS ? »
En voyant le livre magique dans vos mains, j’ai failli vous transformer en crapauds malodorants. Pourtant, je vous ai menés au palais de l’Impériale Majesté. Elle riait de vos airs de visiteurs, vous lui avez plu. Après lui avoir expliqué la situation, elle parut soucieuse en m’expliquant sa décision :
« Ne les punissons pas. Après tout, ils sont maîtres ici, tout comme moi qui ne suis que le fruit de leur imagination. Ce monde est un mensonge, il n’a jamais existé. Je suis l’esprit de l’enfance. Leur esprit, également ! Ils me voient comme une jeune elfe, d’autres humains m’ont vue sous d’autres apparences selon leurs rêves. Quant au livre, vous dit-elle, réparez votre erreur et repartez ! Notre monde se détruit si le livre y pénètre ! Rendez-vous au palais des Peurs, et remettrez-le dans la bibliothèque des Passages. Seule votre audace pourra nous sauver, VOUS sauver.
– De quel danger ?
– Ce monde est votre esprit : s’il périt, vous mourrez ! »
Je me suis alors proposé comme guide. Notre périple commença par une longue marche dans les plaines aux licornes. Nous nous arrêtâmes une fois pour demander l’hospitalité aux elfes. Vous y avez trouvé l’amour, en la personne la plus belle et la plus gentille qui soit. Ce quelqu’un vous a fait tant rire, vous faisant découvrir les merveilles de sa demeure aux portes d’or, ses tapisseries aux fils brillants, et ses statues figurant les grands personnages qui vous font encore rêver !
Reprenant la route vers le palais où sont exilées les Peurs des enfants, vous avez ramassé la plume d’un griffon tombée à terre. Retrouvez-la, car elle apporte courage et détermination. Elle vous a déjà permis de faire fuir le Loup qui nous attaqua en chemin, et de vaincre ainsi une de vos peurs les plus intimes.
Nous avons franchi peu après le seuil de ce Palais et bravé ses épreuves. Puis, nous avons vu derrière une grille un docteur terrifiant dans son laboratoire, avec toutes sortes d’objets de torture ! Hélas, notre issue était de l’autre côté de ce grillage. Ouvrant la porte en souriant, une seringue à la main, il nous ordonna d’entrer. La grille se referma sur nous lorsque ses assistants nous encerclèrent. Ils riaient en vous injectant un produit orangé. Vous vous débattiez, si bien que nous leur échappâmes, aboutissant dans une pièce où se dressait une arcade dans laquelle d’étranges formes aux murmures désespérés ou rageurs se mouvaient. Vous y avez reconnu vos hontes : ces mauvais gestes que vous regrettez, ces peines que vous avez infligées, vous revenaient en mémoire !
Sur l’arcade maudite était gravé : “Affrontez votre âme”. Puisqu’il fallait s’accepter soi-même, vous avez courageusement enduré ces lambeaux de souvenirs déchirants en la traversant.
» Votre quête est réussie, vous expliquai-je, vous devenez les souverains du royaume des Rêves. Bien que vous déteniez un droit royal, vous devez partir : ce monde prépare la venue des enfants le jour, afin de les accueillir la nuit. On ne peut y vivre. »
Vous disparûtes lorsque que le livre reprit sa place, et vous perdîtes la mémoire aussitôt. Au revoir, Altesses, à bientôt dans vos rêves !

