Ça y est, on a vu Avatar
Si tu ne sais pas ce que c’est (non, mais d’où tu sors ?), voilà le topo : l’esprit d’un soldat paralysé des jambes est transféré dans le corps cloné d’un alien pour aller explorer la planète Pandora, où vivent les Na’vi, des schtroumpfs de 3 mètres de haut ressemblant à des Legolas en string. Là, il va découvrir l’amour et le respect des plantes, et finira par s’opposer à ses frères humains, venus piétiner les plates-bandes de cet Eden cosmique avec les grosses pattes de leurs exosquelettes de combat.
Car l’humain est (à 2 ou 3 exceptions près) agressif, vil, mesquin, dénué de scrupules et mû uniquement par l’appât du gain. Alors que le Na’vi, lui, est aussi honnête, noble, brave, désintéressé et sincère qu’un Indien d’Amérique fantasmé par des adeptes du New Age. Du coup, on a un peu l’impression de regarder un remake de Danse avec les loups maquillé en film de space fantasy.
C’est là le plus gros problème d’Avatar : les Na’vi sont de “bons sauvages” pas très originaux, et le discours fait penser à du Nicolas Hulot sauce Miyazaki (pour le respect quasi-religieux de la nature). Mais il manque un petit quelque chose à l’ensemble pour déclencher le même émerveillement naïf qu’un Nausicäa, le film miyazakien le plus proche thématiquement d’Avatar.
Heureusement, dans le troisième acte, l’histoire décolle, et on a droit a des combats monstrueux qui réveillent l’intérêt du troll sommeillant en chaque spectateur. Et le final, plus radical qu’on aurait pu le craindre (mais pas autant qu’on aurait pu l’espérer !), achève de sauver les meubles. Avis mitigé, donc, même si en sortant, j’étais bien content d’en avoir pris plein les mirettes. Mais on pouvait peut-être en attendre un peu plus de James Cameron après 12 ans d’attente.
Sont trop gentils, ces Na’vi… Si au moins ils avaient été un peu cannibales, ou adeptes des sacrifices humains ! Mais non, même pas. Des schtroumpfs, on te dit.

Chef Kritik, troll


J’vous trouve un peu dur, chef…
Moi, j’ai adoré. Tout d’abord un peu dubitative face aux expressions un peu mièvres du héros et au côté Jurassic Park des faibles humains découvrant un monde de brutes, je me suis finalement laissé prendre au jeu. Les décors sont fascinants. La poésie sans cesse renouvelée de la flore est un ravissement, soutenu par la force et l’agressivité de la faune. Pour ceux qui craignent le vertige, attention : certains plans sont tellement bluffants de réalisme qu’ils vous font un nœud dans le ventre, surtout projetés en 3D ! Les amateurs d’accrobranche et les fans de Tarzan, par contre, seront ravis.
Le schéma narratif n’a rien d’époustouflant, c’est sûr, mais bon, il fonctionne ! Et on se laisse prendre par cette histoire, ce conte, qui nous présente des personnages très manichéens, mais atteint son objectif : on sort du film avec des étoiles plein les yeux et des pulsions héroïques et écologistes plein la tête. Un vrai régal !

Kritikette, trollesse