Salut tavernaute !

Oui, il a fallu du temps. Avec une taverne désormais coupée du monde des humains, pas facile pour nous de faire “comme si de rien n’était”. Ajoutons que le gnome de maintenance a eu un petit souci de santé qui l’a cloué au lit une bonne partie de la semaine dernière. Mais nous avons tenu bon, et les résultats sont enfin là ! Trêve de suspense…
 
Tout d’abord, voici les 15 gagnants du Défi des vacances (concours de cartes postales envoyées depuis un univers fantastique). Les cinq premiers gagnent le jeu de société Felinia, offert par les éditions du Matagot. Il s’agit de Julia ANDRIEU, Rachel MAURICE, Antoine DENIS, Pauline KATZ et Boris CICODE. Les 10 suivants gagnent le premier tome de la BD Élinor & Jack, offert par les éditions Delcourt. Ce sont Lila FLEYTOUX, Valentin VAN DE WALLE, Justine BERTRAND, Victoire BLONDEAU, Félix DONADIO, Mathilde BÉDRUNE, Hippolyte PITHON, Meredith RIVIÈRE, Alexandre RIQUET et Solène GERVAIS. Bravo à tous !
 
Et maintenant, roulements de tambour : la nouvelle qui remporte le concours d’écriture est Le Chevalier Rouge, de Natacha STATARI (13 ans) ! Elle gagne une console Nintendo 3DS et un exemplaire du jeu The Legend of Zelda : Ocarina of Time 3D, offerts par Nintendo.
 
Les autres lauréats sont : Pierre-Louis PIETRI (15 ans) pour Le Chevalier, Marion FU (13 ans) pour La Princesse du ciel et enfin Quentin EYROI (14 ans) pour La Quête de Goldrün. Tous trois gagnent une petite surprise. Leurs œuvres sont en ligne ici !
 
Faute d’un prochain numéro de Chaudron magique, nous publions ici même la nouvelle gagnante. Bonne lecture !

La patronne de la taverne
 

Le Chevalier Rouge, par Natacha Statari (13 ans)

Comment aurais-je pu deviner que la quête qui changerait ma vie aurait lieu quelques jours après mon adoubement ? En effet, la Princesse Sho Shott, que je convoitais, se fit enlever par un dragon. Notre Roi Graa de Grèss, épouvanté, nous réunit autour de la Table Rectangulaire. Il nous dit, en essuyant une larme :
 “Nobles chevaliers de la Table Rectangulaire, je vais choisir l’un d’entre vous pour cette quête. Mais pas de tournoi, cette fois. J’ai mal au crâne. Je vais faire am-stram-gram pour désigner le chevalier que l’on ne reverra peut-être plus. Vous lui direz bien au revoir.”
 
Eh bien, qui aurait pu savoir que c’était moi qui serait désigné ? Il me fallait un nom de code, comme mon idole, le chevalier Koorajardy, qui était surnommé “le chevalier sans peur et sans lâcheté”. Je décidai de me nommer “Chevalier Rouge” car c’est ma couleur préférée. Je partis avec mon destrier Sak’doss (mais contrairement à ce que vous pensiez, c’est moi qui le portais, tant il est chétif) sous les “ce n’est qu’un au revoir, mes frères !” de mes collègues.
 
En cours de route, lassé, je fini par poser à terre Sak’doss, qui faisait semblant d’être épuisé ; nous trouvâmes un guide, Yconètoo, à l’entrée de la forêt menant au donjon du dragon, car l’on se perd facilement dans un endroit comme celui-là où les arbres sont tous des clones. Yconètoo était un guide très cultivé, connaissant l’âge de chaque roche et de chaque plante, mais hélas, je ne pus profiter de son savoir : il le remarqua lui aussi, en voyant que je n’étais plus derrière lui à la sortie du bois. Et il m’attendit. Au bout d’une heure environ, j’arrivai enfin en traînant cette tête de mule de Sak’doss qui avait décidé de ne pas suivre.

“Mais que faisiez-vous, messire ? me demanda-t-il, à peine éveillé. Voilà bien une heure que je vous attend ! Et vous étiez censé me suivre !

– Ah ! vous croyez que c’est facile, rétorquai-je, avec un destrier pareil ?”

Après m’être calmé, je payai notre guide et continuai ma route. Nous dûmes traverser un cimetière qui, ma foi, nous fit froid dans le dos. Tout à coup, une dizaine de squelettes couverts d’asticots surgirent de leurs tombes. Sak’doss, à leur vue, prit la fuite. Koorajardy les aurait mit en pièces. Pas le Chevalier Rouge : moi aussi, je pris mes jambes à mon cou, mais en direction du donjon.
 
N’ayant plus de monture, j’arrivai à la tour tant attendue à pied, moins épuisé (car je ne portais plus personne sur mes épaules). Je grimpai le haut escalier pour arriver dans la grande salle, où un énorme dragon vert sauta sur moi, en larmes :

“Chevalier ! Aie pitié de moi ! Emporte la Princesse Capricieuse avec toi ! Hier, elle me demande une boisson fraîche, je la prépare, puis elle la veut chaude, je m’exécute, puis elle me dit qu’elle n’a pas soif !!! PITIÉÉÉÉ !!!”

C’est ce que je fis. Je pris tout heureux la princesse Sho Shott sur mes épaules, en direction du Royaume. Mais le pauvre dragon n’avait pas tort : elle voulait que l’on fasse une pause, puis qu’on aille plus vite, elle voulait que je la porte plus délicatement, puis plus fortement pour ne pas tomber… et ce, toute la route. À la fin, au bord de la crise de nerf, je la jetai dans les bras de Graa de Grèss, refusai de l’épouser, quittai la chevalerie et trouvai refuge dans une abbaye. C’est ainsi que je devins le moine Frère Rouge pour oublier cette aventure humiliante. Amen !